Message de Neary

Publié le par oth

ONG THONG HOEUNG, Cela a été un grand honneur que de vous rencontrer. J'avais lu votre livre qui a servi ensuite de support au CETC. J'ai écouté avec attention votre document audio et vous remercie de me l'avoir fait partager. Je sais que c'est un effort ,jamais assez renouvelé, que de devoir répéter ce vécu. J'y trouve ce que j'ai toujours imaginé de toutes façons. J'espère que nous nous reverrons. Merci de continuer à mettre des mots sur cette expérience afin qu'elle ne disparaisse pas. Je vous embrasse bien fort. N. Ouk.

 

La justice au Cambodge et Vann Nath.

Un jour on m'a dit en référence au silence que j'observais devant ce qui s'est passé à S21:
-"J'aimerais tellement que tu te dises que tout cela n'est pas grave."
Le Cambodge, un "tout petit pays" comme le soulignait Mme Antonya Tioulong...

Vann Nath n'a fait n'importe quoi ni de ce qu'il a vécu, ni des gens qu'il aurait pu perdre, ni de ceux qu'il a rencontrés, ni même de ceux qu'il a observés partir avant lui à S21 dans des conditions qui dérangent encore souvent les vivants rien qu'à leur évocation.
Il a conservé jusqu'au bout cette force immuable et inébranlable qui s'appelle le respect, et avec lui cette notion devenait grandissante, évidente, constructive.

J'ai compris par son attitude que le temps faisait partie de la justice, qu'il n'était pas homme à se débattre dans l'empressement ou dans l'avidité sans but profond.
A travers l'incroyable force tranquile qu'il a su transmettre j'ai entrevue une sérénité qu'aucune parole ne saurait apporter.
"Paisible" est le mot qui me vient devant le souvenir de ce grand et remarquable Monsieur si tendre et pourvu de douceur de la tête aux pieds, loin de tous ces héros de pacotille que le marketing invente chaque jour un peu plus pour assouvir et combler le manque de bienfaits que nous sommes incapables de trouver dans des vies par trop creuses.

Difficile travail que de survivre à tout ce grand bluff qui nous entoure et au milieu duquel nous faisons semblant de ne rien voir.
Peu nombreux sont les hommes de valeur ; encore plus ceux dotés du pouvoir d'apporter la sérénité après un désastre de l'ampleur de S21.
Le Cambodge : petit-pays-si-convoité-au-grand-désastre, et encore plus loin qu'on est ignorant... dans l'ordre.

Nous passerions à côté du principal, la compréhension des événements, en ne rappelant pas ce qu'avait mis en exergue M. David Chandler,  à savoir que la plupart des victimes de S21


Vann Nath fait partie de ces rares hommes qui comme cela ne disparaissent jamais vraiment.
Certains, qui ne sont pas encore en prison, mourront sans avoir le temps de devenir cette personne ; ils auraient trop à apprendre.
Le peintre chuchote encore à nos oreilles...

N. OUK.

Décembre 2011

 

Le Gibier d'Elevage,

Un film de Rithy Panh

 

Par Neary Ouk

Le coeur m' en disait et surtout : je savais que je ne serais pas déçue, j'ai donc passé un moment avec "Gibier d'élevage" de Rithy Panh le 10 décembre 2011 -une date relativement symbolique pour moi.

Excellent choix que celui de Cyril Ngueï dans le rôle du pilote dont le jeu m' a émue au degré le plus haut, et qui ouvre des perspectives tout à fait plausibles. Le travail effectué au travers de ce film aide à se rapprocher de l'aspect surréaliste de l'histoire de la montée des Khmers Rouges selon un scénario vraisemblable en tous points.

Les images sont rares et recherchées en terme de documents ; les faits joués avérés. Le mélange des deux est poignant. Petit clin d'oeil à Bophana qui a donné son nom au Centre de l'Audiovisuel créé par Rithy Panh à Phnom Penh, dont Pang serait le fils. A titre de rappel, les sentiments amoureux déclarés par écrit ont conduit Bophana à être exécutée en Mars 1977 à S21.

Le scénario n'est pas sans rappeler certains films très précieux comme "

J.S.A." par exemple, à l'heure où les hommes sont contraints de faire des choix qui les envoient aux antipodes de la compassion, et surtout à l'opposé d'eux même ; au moment où ils traversent les frontières de l'

inacceptable et sont plongés dans ce qui est arrivé au Cambodge : l'

incompréhensible.

-Neary OUK.

Le coeur m' en disait et surtout : je savais que je ne serais pas déçue, j'ai donc passé un moment avec "Gibier d'élevage" de Rithy Panh le 10 décembre 2011 -une date relativement symbolique pour moi.

Excellent choix que celui de Cyril Ngueï dans le rôle du pilote dont le jeu m' a émue au degré le plus haut, et qui ouvre des perspectives tout à fait plausibles. Le travail effectué au travers de ce film aide à se rapprocher de l'aspect surréaliste de l'histoire de la montée des Khmers Rouges selon un scénario vraisemblable en tous points.

Les images sont rares et recherchées en terme de documents ; les faits joués avérés. Le mélange des deux est poignant. Petit clin d'oeil à Bophana qui a donné son nom au Centre de l'Audiovisuel créé par Rithy Panh à Phnom Penh, dont Pang serait le fils. A titre de rappel, les sentiments amoureux déclarés par écrit ont conduit Bophana à être exécutée en Mars 1977 à S21.

Le scénario n'est pas sans rappeler certains films très précieux comme "

J.S.A." par exemple, à l'heure où les hommes sont contraints de faire des choix qui les envoient aux antipodes de la compassion, et surtout à l'opposé d'eux même ; au moment où ils traversent les frontières de l'

inacceptable et sont plongés dans ce qui est arrivé au Cambodge : l'

incompréhensible.

-Neary OUK.

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Publié dans Carnets

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